Le bloguepar Alfred
3 mai 2017

Quand le vin nous fait son cinéma…

par Alfred

Le vin constituant une passion qu’on aime partager, un plaisir en constante évolution qui s’intègre à la société depuis des millénaires, il était inévitable qu’il soit présent d’une manière intense dans la culture humaine.

Au fil de l’histoire, le vin a tenu dans les arts plastiques une place importante autant dans la peinture, la gravure que dans la sculpture. Les arts de la scène ne sont pas en reste. Après tout, en Europe, à travers la célébration de Dionysos, il est à l’origine du théâtre. De la même manière, la littérature lui a toujours rendu un hommage appuyé tout comme les plus grands compositeurs de musique classique et d’art lyrique l’ont intégré dans leurs œuvres. Et, bien sûr, une multitude de chansons célèbrent ses vertus à tel point que la chanson à boire fournit depuis des siècles des refrains inoubliables.

Il était inévitable que le cinéma ne soit pas en reste et le célèbre intensément à sa manière. Nous avons eu envie de nous amuser et de recenser quelques oeuvres cinématographiques significatives de fiction qui rendaient hommage au vin. Évidemment, il s’agit d’un tout petit échantillon et nos choix, qui puisent dans le répertoire anglo-saxon et un peu dans le répertoire européen, sont profondément subjectifs. Si vous avez des films fétiches sur le vin, faites-en nous part et nous les explorerons. D’ici peu, nous jetterons un oeil aux documentaires sur le sujet.

Toutes nos suggestions de films sont accompagnées d’un vin approprié pour le film, disponible à la SAQ et dans votre application Alfred, où vous pourrez voir sa disponibilité en succurale près de chez vous et créer des listes de magasinage.

Même Alfred Hitchcock

Quand on fouille un peu dans la cinématographie, on trouve des perles à des endroits où l’on ne s’y attendait pas. Qui, par exemple, aurait d’emblée suggéré Alfred Hitchcock dans cette recherche? Pourtant, dans «Notorious» (Les affranchis en français), sombre histoire de nazisme et de traîtrise amoureuse, le vin et particulièrement le champagne occupent une grande place. La scène où Cary Grant et Ingrid Bergman visitent le cellier, et le petit clin d’oeil du maître lui-même, qui fait toujours des cameos dans ses films, buvant du champagne, appartiennent aux moments d’anthologie.

Nous nous rappelons tous de James Bond et de sa préférence marquée (en dehors de son amour du martini) et bien affichée pour le champagne haut de gamme. Les ventes de Bollinger augmentent de façon significative à chaque fois que James Bond fait sauter un de ses bouchons sur le grand écran.

En fait, le vin et le cinéma partagent la même caractéristique particulière: en une seule gorgée ou en un seul plan, ils peuvent vous transporter complètement ailleurs ou dans une autre époque.

C’est certainement pourquoi le monde de la vigne et du vin a inspiré de nombreux films de fiction, autant pour des raisons esthétiques que pour son contexte culturel et humain. La beauté des paysages dans lesquels est en général cultivée la vigne, alliée aux fortes personnalités qui souvent caractérisent ceux qui s’y consacrent et aux traditions ancestrales, permettent d’y situer des intrigues et des histoires humaines riches et colorées. De plus, toute la passion associée à la culture du vin permet d’esquisser des personnages souvent extrêmes aux traits de caractères particulièrement intenses.

Lorsqu’on associe vin et grand écran, les amateurs de cinéma penseront immédiatement au Festin de Babette (1987) de Gabriel Axel, avec Stéphane Audran, un classique parmi les films sur la fine cuisine et le bon vin. Pendant presque deux heures, on sert des crus mythiques et des mets finement apprêtés. Le film a généré tellement de passions qu’il existe aujourd’hui une multitude de sites web sur le Festin, dont certains permettent même de télécharger les recettes du film comme les fameuses cailles en sarcophage.

La bande annonce du Festin de Babette

À accompagner, évidemment, d’un Veuve Clicquot Brut

Sideways (À la dérive) /2004/ par Alexander Payne
avec Paul Giamatti et Thomas Haden Church

Une comédie, un drame aussi, qui suit un écrivain raté et son ami sur le point de se marier, sur la route des vins de Californie. Ça parle vin, mais surtout remise en question. Qu’on aime ou qu’on déteste, Sideways reste un classique pour quiconque aime les vins américains, ou prévoit de faire un petit tour dans la Napa Valley. Ce film, qui a connu un succès commercial inattendu et reçu cinq nominations aux Oscars, s’est avéré un phénomène de société, ayant un impact considérable sur l’industrie viticole américaine, laquelle génère des revenus de 20 milliards de dollars américains annuellement. Ainsi, suivant la sortie du film, les ventes de Merlot ont diminué de 10 % aux États-Unis alors que les ventes de Pinot Noir ont augmenté de 45 %. Même la compagnie Riedel a enregistré une hausse de presque 50 % de ses ventes aux États-Unis, principalement dûe à une hausse fulgurante de la demande pour ses verres à pinot noir.

La bande annonce de Sideways

À accompagner, de toute évidence, d’un Robert Mondavi Winery Pinot Noir Carneros Napa Valley 2014

A Walk In The Clouds (La vallée des nuages ou Les vendanges de feu) /1995 par Alfonso Arau
avec Keanu Reeves, Aitana Sánchez-Gijón, Giancarlo Giannini, et Anthony Quinn

Une grande romance avec Keanu Reeves dans le rôle d’un vendeur itinérant qui accepte de passer pour l’époux de la fille d’un viticulteur californien afin de l’aider dans ses relations avec un père intransigeant. Tout au long du film, aidé certainement par le décor enchanteur des vignes et les rituels sensuels associés à la récolte des raisins, le personnage de Keanu tombe amoureux de la dame en question. Malgré qu’on identifie dans le film plusieurs exagérations flagrantes sur le vin, l’utilisation de la viticulture comme trame de fond de fond a aidé à assurer le succès commercial du film.

La bande annonce de A Walk in the Clouds

À servir avec un Edge Wines Cabernet-Sauvignon 2013

A Good Year (Une bonne année) (2006) par Ridley Scott
avec Russell Crowe et Marion Cotillard

Max Skinner  (Russel Crowe) est un courtier avare et sans scrupule qui travaille à la City de Londres. Un jour, il hérite de son oncle Henry décédé un vignoble en Provence. Il se rend sur les lieux et il tombe sous le charme de la France profonde, en particulier du vin, du climat méditerranéen et des femmes. Alors qu’il prend possession de ses terres, Max apprend qu’il est suspendu à la suite d’une de ses transactions douteuses. Il se résout à s’installer quelque temps dans la propriété. Sachant qu’un château et un vignoble peuvent valoir plusieurs millions de dollars si le vin est bon, il envisage de vendre. Mais il découvre que le domaine ne produit qu’une horrible piquette. Surviennent alors toutes sortes de péripéties typiques d’une comédie romantique. Au final, sous le soleil, au cœur de la douceur de vivre provençale, Max découvrir que la vie doit être savourée comme un Grand Cru.

La bande annonce de A Good Year

À déguster avec un Pétale de Rose

Year of the Comet (1992) par Peter Yates
avec Tim Daly, Penelope Ann Miller et Louis Jourdan

Margaret, une jeune œnologue, est dépêchée en Écosse par son père pour expertiser le contenu d’une cave d’un châtelain qui vient de décéder. Elle y découvre une rarissime et grande bouteille de l’exceptionnelle cuvée Lafitte de « l’année de l’apparition de la grande comète de 1811 ». Informé par sa fille, Mason Harwood estime le fameux breuvage à un million de dollars et trouve un acquéreur en la personne du riche américain T. T. Kelleher. Celui-ci délègue en Écosse son adjoint Oliver Plexico pour rapatrier le précieux nectar en compagnie de Margaret. Mais la fameuse bouteille est convoitée par le criminel français Philippe et ses acolytes prêts à tout pour la leur ravir… Charmant et plein de fantaisie.

La bande annonce de Year of the Comet

À défaut d’un vrai Lafitte, à célébrer avec un Château Lafitte-Tramier 2003

The Secret of Santa Vittoria (Le secret de Santa Vittoria) (1969), par Stanley Kramer
avec Anthony Quinn, Anna Magnani et Virna Lisi,

Un classique d’une autre époque ! Durant la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’il apprend la reddition de l’Italie, Italo Bombolini, un paysan ivrogne du village viticole de Santa Vittoria, monte sur le château d’eau pour effacer une inscription à la gloire de Mussolini. Son geste, interprété comme un acte de bravoure, lui vaut d’être élu maire et va l’amener à astucieusement soustraire aux soldats allemands les vins de la meilleure cuvée qu’ils projetaient d’emporter en quittant les lieux…

Extrait de The Secret of Santa Vittoria

A savourer avec un Banfi Chianti-Classico Riserva 2013

A Heavenly Vintage ou The Vintner’s Luck (titre alternatif) (2009) par Niki Caro
avec Jérémie Renier, Vera Farmiga, Gaspard Ulliel et Keisha Castle-Hughes

Un des rares films sur le vin qui implique une dimension surnaturelle… C’est l’histoire passionnée de Sobran Jodeau, ambitieux jeune paysan viticulteur et les trois amours de sa vie : sa belle épouse Celeste, la fière et intellectuelle baronne Aurora de Valday et Xas, un ange qui soulève une amitié improbable mais durable qui borde l’érotisme avec lui. Sous l’orientation de Xas, Sobran est obligé de comprendre la nature de l’amour et de la croyance et dans le processus s’attaque au sens, au sacré et au profane, dans la poursuite du millésime parfait.

Bande annonce de The Vintner’s Luck

À arroser, de toute évidence, d’un Domaine des Anges L’ Archange 2013

Tu seras mon fils (2011) par Gilles Legrand
avec Niels Arestrup, Lorànt Deutsch et Patrick Chesnais

Un des grands films français récents sur le vin. Paul de Marseul, propriétaire d’un vignoble bordelais renommé à Saint-Émilion, apprend que son régisseur et ami François est frappé d’une maladie incurable. Martin, le fils de Paul, estime le moment venu pour enfin se lancer totalement dans l’exploitation. En effet, Martin est jusqu’à présent relégué aux fonctions commerciales et administratives de l’exploitation. Pourtant, Paul, qui se fait une haute idée du métier de viticulteur, estime son fils incapable de réaliser dignement cette tâche; il ne manque, par ailleurs, jamais de le lui rappeler, avec le plus grand mépris. Philippe, le fils de François, apprend par Paul la maladie de son père et revient alors des États-Unis où il travaille dans un vignoble renommé. Paul lui propose de prendre en charge les prochaines vendanges et leur vinification.

La bande annonce de Tu seras mon fils

À déguster avec un La Fleur Anne St-Émilion

Espérons que ça vous a donné envie, alors que le printemps tarde à venir, de vous faire du popcorn, de vous mettre sous une couverture et, après avoir débouché une bouteille appropriée, de vous livrer à une ou plusieurs séances de visionnements…

AlfredL'expert en vin.

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