Le bloguepar Alfred
11 juin 2019

Décoder les Vins de Bourgogne Pour un Excellent Rapport Qualité Prix

par Pascale Lemieux

Environ 183 millions de bouteilles sont produites chaque année en Bourgogne et une bouteille de vin sur deux est vendue à l’export. Cela traduit bien l’engouement pour ces vins partout dans le monde. Au Québec, nous sommes un marché cible pour ces vins. Si la Chine s’intéresse principalement aux vins prestigieux et rares classés Grands crus depuis quelques années, nous nous distinguons de ce marché élitiste en nous intéressant aux vins issus de toutes les appellations confondues en Bourgogne. Effectivement, parmi tous les vins produits dans cette région, 1 % sont en appellations Grand cru, 10 % sont en appellations Villages Premiers crus, 37 % sont en appellations Villages et 52 % sont en appellations Régionales.

L’amateur, le professionnel et le connaisseur en vin ont tous une chose en commun lorsqu’ils dégustent une bouteille de Bourgogne et c’est de retrouver cette expression unique, inimitable, que l’on associe souvent à la notion de « terroir » aux vins de Bourgogne. Le terroir, concept inventé par les bourguignons, correspond à l’ensemble des éléments qualitatifs associés aux cépages, à un ensemble d’éléments naturels (météorologie, exposition, orientation des vignes) ainsi qu’au savoir-faire du vigneron. Avec la notion de terroir viennent d’autres mots tels que « climat » et « lieu-dit », qui sont souvent confondus. Le terme « climat » est la définition bourguignonne qui part du principe de « terroir », soit un lieu précis (parcelle de terre délimitée) qui bénéficie de conditions géologiques et climatiques uniques, le tout combiné au travail du vigneron. On peut aussi faire référence au climat en parlant de « Clos », un climat entouré de murs de pierres. Au Moyen-âge, les clos appartenaient à des propriétaires prestigieux ou à des ordres monastiques. Aujourd’hui, plusieurs propriétaires peuvent se partager le même clos. À titre d’exemple, le Clos de Vougeot, Grand Cru en Côtes de Nuits est partagé entre environ 84 propriétaires. Ainsi, 1247 climats différents sont très précisément délimités en Bourgogne selon leurs caractéristiques uniques et hiérarchisés dans le système des appellations d’origine contrôlée (AOC). Pas surprenant que l’on parle du vignoble de Bourgogne comme étant l’un des plus morcelés au monde. Tandis que les « lieux-dits » désignent un endroit de faible étendue dont le nom fait référence à l’histoire ou la topographie, ils sont fixés officiellement par le cadastre en France. On peut donc trouver plusieurs lieux-dits à l’intérieur d’un climat ou avoir un climat qui ne reprend qu’une partie d’un lieu-dit.

S’il n’y avait qu’une classification à découvrir pour déguster des vins avec une notion de terroir à prix plus que compétitifs en Bourgogne, il s’agirait incontestablement des dénominations géographiques complémentaires. Les dénominations géographiques complémentaires ne sont pas l’équivalent des appellations d’origine contrôlée, mais plutôt des identifications de territoires plus restreints que celui des appellations où ils se trouvent. Le système de classification d’appellation d’origine contrôlée instauré en 1937 a longtemps répertorié 100 AOC, mais il s’agissait en fait de 84 AOC auxquelles s’ajoutaient les dénominations géographiques complémentaires de l’AOC Bourgogne. Aujourd’hui, il existe 14 (DGC) de l’AOC Bourgogne dont : Bourgogne Côtes d’Auxerre, Bourgogne Le Chapitre, Bourgogne Coulanges-la-Vineuse… La sous-région du Mâconnais mérite à elle seule que l’on s’y attarde aussi, car près de la moitié de la surface de l’aire d’appellation de Mâcon est consacrée aux dénominations géographiques complémentaires. Il y a 27 dénominations géographiques pour l’AOC Mâcon qui permettent l’ajout du nom de villages en guise de précision géographique pour le consommateur. Parmi les noms de villages connus, on y retrouve : Milly-Lamartine, La-Roche-Vineuse, Uchizy, Vinzelles…

Alors si vous avez envie de découvrir des vins à caractères identitaires des lieux d’où ils proviennent sans trop faire de folies au niveau des dépenses, ces vins issus de dénominations géographiques complémentaires sont très intéressants, souvent aux alentours de 20 à 25 $! Cela dit, les vins de Bourgogne en appellations régionales ne demeurent pas moins intéressants, mais l’on peut davantage apprécier le style d’un producteur plutôt que l’empreinte du terroir.

Pour tous les amoureux de vins effervescents, vous vous êtes certainement déjà attardés à la région de la Bourgogne pour obtenir d’excellents rapports qualité et prix sur ces vins. Élaborés à partir des quatre cépages (le Chardonnay, le Pinot noir, le Gamay et l’Aligoté), ils s’expriment tout en finesse et en complexité sur les sols d’argiles et de calcaire de la Bourgogne. Saviez-vous que, depuis 2016, vous pouvez retrouver deux nouveaux labelsde qualité parmi les crémants de Bourgogne, soit Eminent et Grand Eminent. La désignation crémant de Bourgogne assurait déjà une belle qualité de produit pour le consommateur : vieillissement minimal d’une année, raisins vendangés à la main, pressurage limité à 150kg/100L, une traçabilité de la vigne à la bouteille (carnet de pressoir) et des dégustations de contrôle obligatoires sur tous les lots et cuveries de crémants. Maintenant, pour les mentions Eminent et Grand Eminent, la qualité est poussée un peu plus loin encore avec des vieillissements d’au moins 24 mois sur lattes pour Eminent et 36 mois pour Grand Eminent. Pour ce dernier, les vins ont plus de finesse, car ils utilisent les premiers jus de presse; les vins sont Brut (moins de 15 g/L) et produits exclusivement avec du Pinot noir et du Chardonnay.

Coup de cœur pour Talmard, Mâcon Uchizy.

Coup de cœur pour Louis Bouillot, Perle Rare, Crémant de Bourgogne millésimé Eminent.

 

AlfredL'expert en vin.

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