Le bloguepar Alfred
16 janvier 2020

Domaine Chevalier, un bourguignon très près du Québec

par Pasquale Charland

Quand on parle du Domaine Chevalier on fait référence tout de suite ici au Québec à Claude Chevalier, très connu et très présent en sol québécois. Claude est un fidèle qui débarque plusieurs fois par an visiter le Québec, voir des amis de plus en plus nombreux et bien sûr y faire la promo de ses produits. Lors de ma visite, il était d’ailleurs en voyage chez nous alors que moi j’étais en voyage chez lui. C’est qui l’a, la bougeotte au dire de ses filles. C’est Julie, sa fille qui m’accueille après son appel terminé avec Claude, son père, justement au Canada venu s’informer des développements. Julie me raconte leur histoire.

Une histoire de famille, on ne s’en sort pas dans ce milieu du vin… La famille est toujours à l’origine des meilleurs vins!  La leur débute en 1850 avec Émile Dubois qui se fait connaître grâce aux honneurs remportés lors des Concours agricoles et des Expositions universelles de l’époque. C’est ensuite sa fille Marcelle et son époux Émile Chevalier, qui après avoir vécu la crise du phylloxéra et la guerre 14-18, remettent en parfait état l’exploitation viticole. Suivra le fils de Marcelle et Émile, Georges. Aussi consciencieux et perfectionniste que son père, ce dernier étendra le territoire et saura mettre en valeur le domaine qui à cette époque compte 3 ha. Par passion et amour de son métier, il produit des vins remarquables. 1959, il décide de la mise en bouteille de la totalité de ses récoltes. Démarche heureuse qui lui permet de vendre intégralement sa production de bouteilles. Son fils Claude, le rejoint en 1975 et s’investit beaucoup dans le commerce. À cette époque, le domaine possède 11 ha. C’est à partir de 1994 que Claude reprend à lui seul la vinification du domaine. Il décide de mettre à jour les méthodes de travail à la vigne, comme les fumures, l’ébourgeonnage et la maîtrise du rendement. Après quelques années de travail, en 2000, Claude fait des changements importants dans la manière de vinifier (sélection de fûts neufs, durée de cuvaison et d’élevage et filtration) tout en conservant précieusement le souci d’une amélioration constante de la qualité de ses vins.

C’est alors que se joignent à Claude ses trois filles Julie, Chloé et Anaïs. Après l’obtention de son diplôme en Viticulture-Œnologique à Beaune, Chloé reprend en charge la partie vigne et vin avec l’intention d’apporter une nouvelle vision, un œil neuf et féminin et ainsi amener le domaine dans une nouvelle ère. Cette dernière me confiait d’ailleurs qu’elle ne se voit nulle part ailleurs que dans ses champs à suivre de très près les raisins.

Les changements ne s’opèrent pas uniquement par le travail de Chloé, mais également par celui de Julie qui après ses études à l’école de Commerce de Reims s’occupe depuis de nombreuses années de tout le savoir-faire pour mettre en valeur le domaine, autant au national qu’à l’international. Finalement depuis 2012, Anaïs se joint à elles et c’est elle qui prend en charge tout le côté administratif et comptable ainsi que l’accueil des visiteurs. Après une visite de la cave en règle, une cave comme je les aime. Sombre et humide, pas prétentieuse du tout, pleine de vie, de barriques et d’histoire bien sûr. Je termine avec ma rencontre avec Chloé qui m’amène sur son terrain de jeu préféré … Les vignes! On y travaille à ce moment précis le bouchéage, expression typiquement bourguignonne qui signifie « bêcher ». Cette opération consiste à enlever les racines inutiles tout autour du plan pour le laisser mieux respirer.

C’est beau et bien, le monde du vin change et amène de plus en plus de femmes dans ce milieu réservé trop longtemps qu’aux hommes. On y voit des vins différents, des manières de faire aussi, mais l’essentiel y est toujours…l’amour et la passion pour le vin!

AlfredL'expert en vin.

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