Le bloguepar Alfred
30 avril 2019

La Deuxième Première Fois avec un Whisky

par Eric Van Hove

Ce n’est pas un secret, la première fois qu’on goûte à un produit peut être déterminante dans notre appréciation de celui-ci.

À travers les événements et les dégustations que j’anime, je me rends compte que beaucoup ont eu de mauvaises expériences à leur première approche du whisky.  Alors si on prenait le temps de refaire une première fois ?

Avant d’aller plus loin, versez-vous un whisky : idéalement, 1/2 once dans un verre en forme de tulipe, si vous n’avez pas de verre à dégustation de whisky,  mais ne le sentez pas tout de suite et surtout n’y goûter pas avant que je vous le dise. 

Pour aimer votre première fois, le contexte, les gens présents, le temps alloué pour goûter le produit, la qualité de celui-ci et aussi la connaissance des détails historiques ou de fabrication du whisky auront assurément un impact sur votre expérience et votre désir d’y revenir.  Mais pour l’instant installez-vous confortablement et concentrons-nous sur la bonne technique à avoir pour le découvrir, l’apprivoiser et le savourer à sa juste valeur.

Petite parenthèse, je le dis à tous ceux qui veulent bien m’écouter et je le répète encore ici :  svp, ne faites par l’erreur de commencer avec un whisky « pas cher », « un bon rapport qualité-prix » ou « une entrée de gamme ».  Choisissez un bon produit, sinon tout simplement le meilleur disponible, comme vous le feriez pour découvrir des sushis par exemple. Est-ce qu’il vous viendrait à l’idée de dire : je n’ai jamais mangé de sushis et j’aimerais y goûter alors je vais aller me chercher une boite de sushis congelés au dépanneur, comme ça je vais vraiment savoir si j’aime les sushis ? Fin de la parenthèse.

Si l’on veut mettre un chiffre, disons que 80% de la dégustation du whisky est faite avec le nez, alors prenons le temps de bien comprendre cet aspect de la dégustation. Par la suite, la langue va capter l’amertume, la texture (huileux ou aqueux), la minéralité, le sucre, l’acidité, le piquant et le métallique et évidemment, la brûlure de l’alcool.  Nous y reviendrons.

La cavité nasale contient des récepteurs qui captent les particules dans l’air.  C’est une combinaison de particules chimiques qui, une fois captée, rappelle à votre cerveau le souvenir d’une odeur, d’un lieu, d’un plat, d’un événement, d’une personne, etc.  

Même si en théorie notre nez peut reconnaître plus de 1000 milliards d’odeurs différentes, la réalité est un peu différente. Vos capteurs sont plus ou moins sensibles à certaines particules et ont aussi des capacités différentes de celles d’une autre personne.  Certains sont incapables de sentir des groupes d’odeurs (hyposmie) et d’autres ne sentent aucune odeur de façon temporaire (rhume ou autres maladies) ou de façon permanente (anosmie).  Enfin, une très faible partie de la population a, pour le meilleur et pour le pire, des capacités olfactives bien au-delà de la moyenne (hyperosmie).  

Puis quand vient le temps de décrire les odeurs, on se retrouve face à un obstacle de taille. En ce qui a trait aux couleurs, il existe des chartes pour en décrire des milliers avec précision. Mais le langage commun pour facilement identifier et décrire les odeurs n’existe pas de façon détaillée.  C’est pourquoi on va mémoriser une odeur en l’associant à un objet, un lieu ou une personne, ce qui est très subjectif.  Même en disant « ça sent le gâteau aux fruits », le problème est que pour moi, le gâteau aux fruits est celui de ma mère et que pour vous, c’est peut-être celui du IGA.  Actuellement, différentes roues des saveurs des whiskies sont disponibles sur internet et elles vous aideront à acquérir un langage de base propre à ce produit.  Mais ça reste encore une fois assez sommaire et surtout, il n’y a pas de consensus. 

De plus, comme nous inspirons plusieurs particules en même temps, incluant les odeurs des personnes et des lieux qui nous entourent, une difficulté consiste à séparer ces odeurs et à les identifier.  C’est beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît alors ne soyez pas découragés si vous n’y parvenez pas dès le début.  C’est comme n’importe quoi, avec la pratique vous vous améliorerez. Commencer votre entrainement en comparant des odeurs : prenez 2 whiskies en même temps et décrivez-les un par rapport à l’autre.

En résumé, chaque personne a des capacités biologiques différentes pour capter les odeurs et les mots nécessaires pour les décrire n’existent pas nécessairement, c’est pourquoi il faut se référer à des descriptions subjectives. Vraisemblablement, la description du whisky relève donc plus de l’art que de la science.  

On y est ! 

Après cette longue introduction, mettons tout ça en pratique en 6 étapes.  Si vous avez suivi mes instructions, vous avez un verre de whisky qui est versé depuis quelques minutes déjà. Laissons de côté la dégustation complète et concentrons-nous encore une fois sur le 80% qui est relatif à l’odorat. 

Nous voici rendu à l’étape de goûter.  

Voilà, votre première gorgée est prise et il est fort à parier que vous avez découvert votre whisky comme vous ne l’avez jamais fait auparavant.  Je vous le souhaite !

En terminant, n’oubliez pas que même les spécialistes n’arrivent pas à identifier, noter et décrire le même whisky de façon constante en dégustation à l’aveugle. Alors on peut se pratiquer et s’améliorer dans notre perception des odeurs, mais gardons en tête que personne n’a « la » vérité dans ce domaine.

Trucs pratiques : 

Je vous encourage à boire votre whisky comme vous le voulez.  Le but est d’avoir du plaisir.  Si par ma méthode d’approche du whisky je vous ai aidé, vous ou un de vos amis, à découvrir et à apprécier le whisky, je serais très content d’en entendre parler.  Faites-moi part de vos expériences en remplissant le formulaire sur la page web de Passion Whisky Québec.

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Sources:  

Crédit photos : 


AlfredL'expert en vin.

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