Le bloguepar Alfred
19 décembre 2019

La vie sur la route.

par Baptiste Gissinger

J’écris ce texte depuis le siège avant de mon camper à « Fort Courage » en Arizona, une station service abandonnée à côté d’un « Pancake House » tout aussi abandonné. Le soleil se lève lentement sur ce décor hollywoodien. Je me suis versé un thé, mis de la musique, l’atmosphère est en place pour une petite session d’écriture.

En chemin pour la Californie je me suis arrêté à la Distillerie Hollerhorn, dans le nord de l’état de New York. La distillerie se trouve dans la vallée de Naples, une belle vallée pleine de fermes biologiques et vignobles, l’endroit parfait pour établir une distillerie. Ouverte depuis moins d’un an, je suivais leur travail depuis le début, car ils avaient l’air de personnes authentiques et leurs branding sont à couper le souffle. 

Autant vous dire que je n’ai pas été déçu. Karl a monté la distillerie avec sa femme et ont mis toutes leurs économies dedans, le projet d’une vie! Karl a construit la distillerie avec son père et des amis, en partant d’un terrain vague. Le travail de titan est impressionnant. La distillerie comprend un restaurant, un bar avec une énorme scène accueillant des groupes de musique chaque semaine. Melissa, la femme de Karl, est la chef (ils ont déjà possédé un restaurant de la ferme à la table) tout en étant une artiste peintre et dessinatrice, c’est elle qui se charge du branding. Karl est un musicien, sculpteur, architecte et un être authentique et franc. 

Nous avons passé l’après-midi à échanger, tout en dégustant nos produits respectifs. Karl travaille fièrement les céréales, vins et sirops d’érable locaux. J’avais très hâte d’essayer son alcool d’érable puisque nous avons maintenant notre appellation d’origine au Québec pour ce type de produit. Il en a 3 ; blanc, 4 et 6 mois en ex-fûts de bourbon. Il travaille sa fermentation avec une levure spécifique qui lui permet de sortir des esters lors de la distillation (les esters sont des alcools au goût fruité prononcé). Le résultat est impressionnant, la texture douce et grasse révèle des notes de noix et feuilles humides alors qu’il lâche tout son potentiel en bouche avec des notes fruitées de noix de coco et de mangues, un pur délice. Il reste quand même dangereux, car il coule tout seul, et ce, même à 50%. Le 4 mois est supporté par de belles notes de butterscotch tandis que le 6 mois est plus boisé. J’ai eu la chance de goûter à leur Rye vieilli en sherry Solera (méthode de vieillissement) local. Le résultat est une bombe de sherry en bouche, mais n’occulte pas pour autant l’épicé du seigle et en fait un whisky merveilleusement bien équilibré.

La nourriture est divine (essayez le Goulasch aux champignons), les spiritueux sont exemplaires et les humains sont authentiques et généreux, mais ce qui m’a le plus marqué est cet esprit de communauté qu’il est difficile de trouver nulle part ailleurs sur la planète. Et même à 9h de route de Montréal, la visite vaut chaque minute de route !

AlfredL'expert en vin.

Démarrez votre expérience Alfred dès aujourd'hui : S'abonner