Le bloguepar Alfred
1 avril 2021

Rebâtir l’équipe, avec des employés de service et cuisine compétents

par Alfred

TROUVER LES PERLES RARES PENDANT LA RÉOUVERTURE ET LES GARDER

 Plusieurs personnes ont pris part à la quatrième table de discussion pour y parler de la relance, du marketing et de l’image de marque. Afin d’offrir la meilleure expérience possible aux clients qui iront en restaurant lors de la réouverture, les restaurateurs doivent rebâtir leurs équipes avec des employé(e)s qualifié(e)s et compétent(e)s. L’année de pandémie a été difficile pour l’image de marque des restaurants et plusieurs propriétaires sont inquiets quant à la réouverture de leur établissement. 

C’est pourquoi nous avons lancé il y a trois semaines, l’initiative ALFRED VOUS ÉCOUTE qui se veut une plateforme de discussion pour les restaurateurs, hôteliers et experts invités. La connaissance d’un est la solution de l’autre et ce partage de connaissances renforcera la relance des participant(e)s. Vous pouvez avoir plus de détails en lisant ce billet

 Nous vous avons proposé une série de quatre tables de discussion avec des spécialistes de l’industrie de la restauration et de l’hôtellerie québécoise. Le quatrième thème porte sur comment rebâtir son équipe pendant la réouverture printanière des restaurants. Voici ce qui en ressort. 

 

Où est la main d’œuvre compétente ?

Les médias en parlent (Radio-Canada et Journal de Montréal, 28 mars 2021) et les employeurs le vivent, la main d’œuvre des restaurants se fait rare; les employé(e)s d’expérience encore davantage. C’est que la fermeture des restaurants a conduit des milliers d’entre eux (elles) à trouver un autre emploi ou même de se réorienter vers une autre profession. Il semble qu’un grand nombre ne viendra pas en raison de plusieurs facteurs, dont la précarité des emplois, l’incertitude de l’économie, le partage inéquitable des pourboires ou même les horaires difficiles. 

 La question est sur toutes les lèvres : Comment rebâtir une équipe compétente ? Les spécialistes de l’industrie et de ressources humaines sont unanimes, le recrutement sera pénible en 2021 et la rétention de la main d’œuvre le sera tout autant. Selon monsieur François Guérin, directeur au Club de golf Vallée du Richelieu, le défi de la réouverture de ce printemps sera surtout d’attirer des employé(e)s d’expérience et qualifiés. 

Les spécialistes s’entendent, les employé(e)s de la restauration et de l’hôtellerie préfèrent les emplois à temps plein douze mois par année aux emplois saisonniers comme les clubs de golf ou les stations de ski. Afin de contrer ce désintérêt pour les postes saisonniers, on a vu l’apparition d’une nouvelle offre : les employeurs se partagent la main d’œuvre, travailler dans un club de golf l’été et dans une station de ski l’hiver. 

Dans cette recherche d’employé(e)s compétents, on dénote deux types d’employés : ceux(celles) qui feront carrière et ceux(celles) qui sont tout aussi compétents, mais qui travaillent pendant leurs études ou autres activités et qui quittent après quelques années. Les compétences ou les motivations pour ces deux types ne sont pas remises en question, c’est davantage la durée durant laquelle ils(elles) resteront dans l’industrie qui diffère. 

 

Votre recrutement va bien ? Il faut maintenant garder vos employé(e)s

Pour bien recruter, les gestionnaires devront revoir leur façon de faire. Ne serait-ce que pour attirer des employé(e)s de la génération Z, il faut maintenant parler de valeurs, de passion, de mentorat, et de développement des compétences. Modifier les descriptions de postes, les détailler, y attacher une vidéo, être original, parler de la culture d’entreprise sont des exemples pour bonifier une offre et attirer de bons candidat(e)s. 

 

« Nous traversions une période de changements dans l’industrie de la restauration avant la pandémie et la dernière année a intensifié les changements, elle a tout bouleversé. Nous remarquons que les restaurateurs tentent de démontrer à leurs employé(e)s qu’ils tiennent à eux (elles) et qu’ils apprécient leur travail. Nous assistons à une humanisation de la restauration par un leadership humain. La passion pour son emploi, la camaraderie et l’esprit d’équipe, les valeurs et la culture d’entreprise aideront à retenir les employé(e)s. »

Kler-Yann Bouteiller, Sommelier, Enseignant en sommellerie, chroniqueur vin

 

Les restaurateurs devront trouver des moyens dans les prochains mois pour retenir leurs employé(e)s car la compétition sera grande pour la main d’œuvre compétente et qualifiée dès la période estivale. Est-ce que les restaurateurs devront tenter d’aller rechercher les personnes qui ont quitté la profession ? Probablement, mais ils (elles) devront expliquer ce qui a changé depuis quelques mois et pourquoi ils devraient revenir. 

 

« Une démarche de recrutement commence avec la rédaction de la description de poste jusqu’à l’intégration des nouveaux employé(e)s. Les gestionnaires d’établissement doivent s’assurer que les nouveaux sont bien intégré(e)s. Cela peut se faire avec un programme d’intégration et de mentorat et aussi avec des opportunités de formation continue. Ces initiatives contribuent à la valorisation de la main d’œuvre, à son bonheur au travail, à sa fidélisation et à sa rétention. »

Katy Langlais, Directrice-conseil ressources humaines CRHA secteur hôtellerie, RCGT

 

À travers tous ces efforts de rétention, les gestionnaires devront comprendre que l’expérience employé devient prépondérante pour la nouvelle génération. Les plus jeunes doivent sentir qu’ils(elles) participent à la réussite du restaurant. Ce sentiment contribue à l’esprit d’équipe, au bonheur des employé(e)s, à leur engagement et leur fidélisation face à leur employeur. 

 

Vers une valorisation de la profession

Un autre important point lors de cette quatrième table de discussion a été sans contredit la valorisation de la profession. Selon David Gangbazo et Kler-Yann Bouteiller, il est impératif que le Québec reconnaisse la profession. La valorisation de la profession aiderait grandement dans le recrutement mais surtout dans la rétention des employé(e)s. Une valorisation attirerait des étudiant(e)s de qualité qui deviendraient par la suite des employé(e)s qualifiés.

Il est aussi impératif que l’appréciation de la profession se fasse à tous les niveaux, du plongeur au gestionnaire, notamment par une révision des salaires. Pas nécessairement par une hausse des salaires, mais par une répartition équitable. 

La valorisation de la profession doit venir du gouvernement certes, mais aussi des employeurs, des professeurs, des syndicats et par le respect entre les équipes (par exemple : cuisine vs salle à manger ou serveur vs plongeur). 

 

La pandémie a permis une remise en question de la profession

La pandémie et la fermeture des restaurants a été désastreuse, tout le monde le sait. Il y a aussi eu des points positifs, tels que de nouvelles façons de faire ou de nouveaux produits, et une remise en question de la profession. 

Beaucoup de questions ont émergé depuis quelques années quant à la gestion des ressources humaines et à l’avenir de la restauration; elles se sont intensifiées durant les douze derniers mois de pandémie. Y a-t-il trop de restaurants ? Pourquoi y a-t-il un manque de main d’œuvre ? Comment retenir les employé(e)s ? La main d’œuvre peut-elle s’adapter aux contraintes sanitaires ? Comment les employé(e)s pourront-ils offrir une expérience client en respectant les contraintes et de manière sécuritaire ? 

Cette table de discussion a principalement répondu aux inquiétudes reliées au recrutement et à la rétention. Les spécialistes s’entendent à l’unisson : la valorisation de la profession pourrait régler bien des problèmes. Il appert qu’une formation en école professionnelle sert de base pour développer une main d’œuvre qualifiée. Des stages durant les études et une embauche rapide après la fin des études contribuent à former la relève. Un programme d’intégration pour accueillir et guider les nouveaux employé(e)s est aussi utile non seulement pour les premiers mois et le développement des compétences, mais aussi pour les fidéliser et les inciter à rester. Les spécialistes sont unanimes, les restaurateurs doivent offrir des opportunités de formation continue à leurs employé(e)s pour poursuivre le développement des compétences et leur démontrer que leur employeur investit en eux (elles). 

 

« La valorisation de la profession est primordiale pour attirer les talents et les garder. Un programme de reconnaissance des acquis, une augmentation des salaires pour les employé(e)s qualifiés, une répartition équitable des pourboires, une révision des horaires, une humanisation de la gestion, et peut-être même un sceau de profession, comme bien d’autres professions, devront être discutés très bientôt pour le bien de la profession et de toutes les personnes qui travaillent dans l’industrie. »

David Gangbazo, Gestionnaire de talents et recruteur, restostaff.ca

 

Un retour à la normale rapidement ?

 Vous avez pu comprendre à travers ces quatre tables de discussion que les enjeux sont majeurs pour les industries de la restauration et de l’hôtellerie. La main d’œuvre, la profitabilité, la gestion des opérations sont des priorités pour les gestionnaires d’établissements qui ont été dévastés par la pandémie. Des dizaines ont dû définitivement fermer leurs portes, d’autres ont tout à reconstruire puisqu’ils étaient fermés temporairement. La réouverture est un grand moment d’incertitude pour des milliers de gestionnaires et employé(e)s, mais avec une stratégie et avec l’aide de spécialistes, les restaurateurs pourront travailler à un retour à la normale dans les meilleurs délais. N’hésitez pas à faire appel à de l’aide externe. 

 

 

 

Merci à nos invités spéciaux pour leur générosité en temps et connaissances :

 

Une initiative d’ALFRED VOUS ÉCOUTE propulsé par Celliers Intelligents

AlfredL'expert en vin.

Démarrez votre expérience Alfred dès aujourd'hui : S'abonner