Le bloguepar Alfred
12 mars 2019

Vignerons québécois à l’étranger

par Pascale Lemieux

Il n’est pas rare de voir de plus en plus de vignerons s’expatrier à l’étranger pour pratiquer leur passion. Je me propose cette semaine de vous faire découvrir de superbes trouvailles issues des pays de l’« Ancien Monde » produits par des vignerons québécois talentueux. Ces derniers ont su se tailler une place petit à petit dans le milieu viticole si bien que leurs vins se vendent aujourd’hui aux quatre coins du monde, mais aussi plus près de chez vous, dans l’Espace Cellier à la SAQ. En voici quelques-uns que je vous suggère d’essayer, si ce n’est pas déjà fait.

Vous avez peut-être entendu parler du documentaire Grand Cru présenté au cinéma Le Clap au printemps 2018 qui présentait Pascal Marchand, vigneron émérite qui a choisi de vivre sa vocation en Bourgogne. Le tournage dépeint la philosophie de l’homme quant aux soins apportés à ses vignes au cours du millésime 2016, année difficile en termes de rendement en raison des gelées et du mildiou (maladie dévastatrice de la vigne) bien que qualitative pour la très petite quantité de vin produite. Vous le connaissiez certainement d’avant, si vous êtes amateurs de Pinot noir de Bourgogne, comme étant le québécois rebelle. Il y a déjà 30 ans de cela, après ses études de viticulture à Beaune, il s’établissait tout juste dans la région et faisait ses débuts pour le Compte Armand en s’occupant du Clos des Épeneaux. Il attira vite l’attention des critiques et en profita pour ensuite voler de ses propres ailes dans cette région mythique et ouvrir sa propre maison de négoce. À ce jour, il poursuit l’acquisition de parcelles prestigieuses de la Côte-de-Nuits et s’est également associé au cours de la dernière décennie au vigneron ontarien Moray Tawse. Fervent défenseur de la tradition et du terroir, Pascal Marchand produit des vins vivants en restant fidèle à ses convictions et en prônant la culture en biodynamie, ce qui peut être perçu comme de la folie en Bourgogne. C’est certainement grâce à ce souci du détail dans l’élaboration de ses vins et un travail méticuleux près de la nature qu’il acquit une excellente réputation auprès de ses pairs ainsi que des consommateurs. Son style défini, qu’il qualifie d’infusion plutôt que d’extraction, dans ses Pinots et la finesse dans ses vins racontent son expérience et sa passion. Voici l’un de ces Pinots noirs.

C’est après avoir fait ses classes chez Michel Chapoutier, Olivier Leflaive et Jean-Marc Brocard que Patrick Piuze est aujourd’hui à son compte. Quelques années seulement plus tard, le québécois est vinificateur et éleveur de vins issus de crus célèbres de l’appellation Chablis. Une référence dans cette région chargée d’histoire pour la précision et la pureté de ses vins issus du cépage emblématique, le Chardonnay. C’est un vigneron qui ne se laisse pas influencer par les tendances de la région et travaille selon ses principes et son instinct. Bien qu’il soit permis de faire les vendanges à la machine, Patrick et son équipe vendangent à la main et généralement plus tôt que la plupart des producteurs dans la région; cela a pour objectif de produire des vins construits sur une trame acide, bien tendus. Dans cette même recherche de précision, il pratique l’élevage en fût de chêne pour ses premiers et grands crus. Seuls les fûts qui ont vu de premiers vins issus de millésimes frais sont utilisés. En faisant cela, Piuze souligne l’importance au cours d’un premier élevage du transfert du fût vers le vin, mais aussi du vin vers le fût. Le jeune vigneron est réputé non seulement pour ses grands vins de parcelles en premiers et grands crus, mais il met aussi de l’avant une série de cuvées « terroirs de Chablis » villages, plus accessible, qui démontre une fois de plus sa fascination pour le vignoble de Chablis. Voici l’un de ces millésimes!

Pour les amateurs de Chianti, Paula Papini Cook est une grande fierté québécoise en Toscane. Déjà à un jeune âge, la Québécoise aux origines italiennes avait envie de poursuivre ses études en Italie et suivait des cours pour apprendre la langue natale de ses grands-parents. Suite à des études en agriculture à l’Université McGill de Montréal, elle poursuivit en œnologie dans des écoles supérieures en France et en Italie. Fière propriétaire du domaine Miccine depuis 2010, elle dut travailler fort pour se faire connaître et promouvoir la marque de l’avant auprès des importateurs. À sa grande surprise, elle décrocha un prix pour sa cuvée Chianti Classico Riserva 2010, premier millésime qu’elle a travaillé elle-même, auprès du très réputé guide italien Gambero Rosso. Depuis, elle cumule les mentions et attire l’attention des critiques et des amateurs. Entre autre, la revue Decanter lui attribua 95 points pour sa cuvée Chianti Classico 2013. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a le vent dans les voiles! Ne me croyez pas sur parole; allez essayer ses produits en SAQ et laissez-vous charmer!    

AlfredL'expert en vin.

Démarrez votre expérience Alfred dès aujourd'hui : S'abonner